Petites idées pour chambre d’enfant

Notre paupiette a eu 2 ans, on est bien sortis de l’univers des bébés, Enora est maintenant une véritable petite fille avec des goûts bien à elle et une grande envie de faire « toute seule ». Alors dernièrement nous avons un petit peu revus l’aménagement de sa chambre. Pour voir sa chambre avant c’est ici.

dscn8654

Nous avons essayé de dégager au maximum l’espace pour qu’elle se l’approprie selon ses inspirations du moment. Dans le coin de la pièce un gros pouf fatboy l’attend pour des moments rêveries ou lectures. J’ai  matérialisé cet espace avec des cercles de papiers imprimés Fifi Mandirac collés sur les murs.

A proximité se trouve son nouveau meuble sur mesure fait par Mr Poulet, qui est l’assemblage de 3 caisses disparates auxquelles il a ajouté des séparateurs. Une « jambe » en bois assure la stabilité sur le coté.

dscn8652

Ce meuble est parfait : il prend peu de place mais a une grande capacité de rangement et son contenu lui est facilement accessible !

Toujours pour accompagner Enora dans son besoin d’autonomie j’ai imprimé des dessins de vêtements (trouvés sur freepik) que j’ai collé sur sa commode afin de l’aider à se repérer.

dscn8658

Prochaine étape : le lit de grande ! Des conseils ?

Rendez-vous sur Hellocoton !

Introduction à la communication non-violente (ou bienveillante)

Hier soir je me suis rendue dans mon café famille préféré pour assister à une conférence sur la communication bienveillante dans le cadre de la journée de la non-violence éducative qui a lieu dans toute la France le 30 avril. La rencontre se déroulant dans ce cadre « famille » l’approche était plus centrée sur une perspective éducative mais la communication non-violente ou CNV est aussi utile dans le couple, au travail…

Cette présentation était donnée par une bénévole du Centre de ressource sur la non-violence de Colomiers. Cette asso existant depuis 2003, propose un espace de documentation sur le sujet et des jeux coopératifs qui peuvent s’emprunter lorsque l’on est adhérent (20€/an). Elle organise aussi des formations et des actions de sensibilisation. Bref c’est un lieu ressource d’une grande richesse en Midi-Pyrénées.

La communication non-violente est un langage élaboré il y a près de 40 ans par Marshall Rosenberg, un américain, Docteur en psychologie clinique. On en parle depuis une vingtaine d’années en France. Le terme non-violent fait référence au mouvement de Gandhi et désigne le fait de communiquer avec l’autre sans lui nuire. Aujourd’hui la communication non-violente est une marque déposée c’est pourquoi les personnes qui en proposent une approche, sans avoir été formés par l’institut Rosenberg, parlent plutôt de communication bienveillante.

Pour être dans une communication bienveillante il est important d’être re-centré sur soi (ce qui est différent de se regarder le nombril, attitude dans laquelle on est replié sur soi et où on ne peut, de fait, pas entrer en contact avec l’autre) dans une attitude stable, posée favorisant la communication. Il est également primordial d’être dans le moment présent, de ne pas laisser la machine à pensées s’activer (avec des pensées comme « la dernière fois que j’ai essayé, j’ai échoué » ou « si je fais ça, il va se passer ça », on est soit dans le passé, soit dans le futur mais certainement pas dans le présent).

La CNV passe par 4 étapes :

  1. L’observation : « quand j’entends ça / quand je vois ça, ça me fait … »
  2. L’émotion : générée par la phase précédente, il faut être en mesure de l’identifier et de l’accueillir. Une émotion n’est ni bonne, ni mauvaise, elle est. En l’identifiant on peut la dire à l’autre, mais toujours sur le mode « je ». Car le « tu » tue. Souvent lorsqu’intervient le mot « tu », la probabilité est forte qu’il s’agisse d’un jugement / d’une interprétation des actes de l’autre plutôt que de l’expression de son propre ressenti. D’où l’importance de prendre la responsabilité de SES émotions. Ne pas oublier que les émotions sont « contagieuses » et que même non dites elles affectent nos enfants, nos proches, nos collègues, qui les ressentent quand même.
  3. Le besoin : une fois qu’on a identifié l’émotion en jeu, on peut déterminer le besoin frustré ou touché qu’il y a derrière.
  4. La demande: à formuler à partir du besoin. Pour cela il faut clarifier son intention: si quelqu’un me double à La Poste et que je le lui fait remarquer, mon intention peut soit être un besoin de justice, soit de ne simplement pas être en retard, et donc de récupérer ma place, mais l’intention est bien différente dans les 2 cas. Lorsque l’on formule une demande, celle-ci doit être concrète, réaliste et peut être refusée. Sinon ce n’est pas une demande mais une exigence. Une demande ne s’adresse pas forcément à l’autre, elle peut aussi être faite à soi-même.

Il faut savoir qu’une fois les besoins physiologiques assouvis, l’être humain a 6 grands besoins :

  • un besoin d’affection : être aimé pour ce que l’on est
  • un besoin de reconnaissance : être aimé pour ce que l’on fait
  • un besoin de sécurité
  • un besoin d’orientation : savoir où l’on va, donner du sens
  • un besoin d’autonomie
  • un besoin de créativité

Pour les enfants ce sont même uniquement 2 grands besoins qui entrent en jeu:

  • un besoin d’affection
  • un besoin de cadre, de limites (ce qui offre la sécurité)

La communication bienveillante passe par une multitude de petites « astuces »:

  • ne pas utiliser la négation lorsque je parle à l’autre (on remplace « ne cours pas » par « marche »)
  • quand un sujet de désaccord se présente, prendre le temps de compter 20 vrais secondes en se concentrant sur sa respiration (avec le ventre) pour se recentrer sur soi et pourvoir rentrer en communication et non en joute verbale
  • se rappeler qu’on a toujours le choix entre « avoir raison » ou « être heureux » et savoir ce qui nous importe pour une situation donnée : est-ce si important de convaincre ? Est-ce qu’on ne peut pas lâcher de temps en temps?
  • s’entraîner à la communication bienveillante quand ça va bien, féliciter les comportements positifs, ce qui se passe bien, ce qui me fait plaisir… pour être préparé à réagir dans une approche de communication non-violente en situation de crise
  • si dans une situation donnée (souvent au travail) on n’a pas le temps de s’arrêter pour identifier notre émotion en jeu, la « prendre » et la mettre de coté mais y revenir absolument plus tard
  • être capable de dire à l’autre et à soi-même que l’on s’est trompé, pour nos enfants cela leur montre un comportement exemplaire plutôt que de s’enliser dans une injustice. De même il est important de ne pas négliger l’apprentissage par l’erreur
  • lorsque l’on s’adresse à ses enfants transformer nos « pourquoi? » en « qu’est-ce qui se passe? »

La soirée s’est terminée après un tour de tables où chacun a exprimé son ressenti (sa météo personnelle) suite à cette présentation de la communication bienveillante. J’ai beaucoup apprécié cette rencontre qui m’a donné les clés principales pour appréhender le sujet, les échanges m’ont permis de me rendre compte qu’on faisait tous face aux mêmes difficultés, à savoir la difficulté de s’éloigner de modèles de communication acquis depuis l’enfance.

Ressources pour aller plus loin:

  • « Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) », de Marshall B. Rosenberg
  • « La communication non-violente au quotidien », de Marshall B. Rosenberg
  • « Cessez d’être gentil, soyez vrai ! », de Thomas d’ Ansembourg
  • « Ecouter c’est l’aventure avec Titeuf », de Rosette Poletti et Zep
  • « Poser des limites à son enfant », de Catherine Dumonteil-Kremer
  • Les revues Non violence actualités et Peps
  • DVD documentaire : « J’vais le dire : les conflits des petits et leur gestion », de Mélanie Gailliot et Thierry Reumaux
Rendez-vous sur Hellocoton !

Parentalité et questionnement philosophique

Planche extraite de la bd Et toi quand est-ce que tu t’y mets, de Véronique Cazot et Madeleine Martin chez Fluide Glacial

Dernièrement j’ai été confrontée par hasard à plusieurs discussions avec des personnes ne désirant pas avoir d’enfants. Quand elles m’exposent leurs raisons je ne peux qu’être d’accord avec elles et je partage le même constat : le monde va mal, ses ressources sont limitées, on va sans doute vers de plus en plus de conflits armés, il faut s’attendre à de nombreuses catastrophes écologiques et sanitaires dans un futur assez proche, le contexte de crises multiples auxquelles nous sommes confrontées contribue à faire régresser les droits humains fondamentaux, notamment ceux des femmes. Ce n’est pas un monde de bienveillance et d’empathie dans lequel nous sommes heureux de plonger nos enfants alors que lorsque l’on fait des enfants on veut bien sûr pouvoir leur offrir une vie décente et heureuse.

D’où ma question : est-il moral de faire des enfants dans un monde immoral ? (vous avez 4h)

Ou comme l’a dit Milan Kundera : « Avoir un enfant, c’est manifester un accord absolu avec l’homme. Si j’ai un enfant, c’est comme si je disais : je suis né, j’ai goûté à la vie et j’ai constaté qu’elle est si bonne qu’elle mérite d’être multipliée. »

On pourra arguer le fait que le monde n’est pas forcément plus immoral qu’avant et qu’il y a eu des progrès fondamentaux en la matière dans certaines régions du monde grâce aux combats qu’ont mené pour nous des hommes et des femmes (pour le droit de vote, de grève, aux congés, et à l’égalité tout simplement). Sauf que cet avant, de fait, on ne le connaît pas et que si on se place d’un point de vue contemporain il faut bien avouer que la situation ce n’est pas trompettes et confettis !

Auparavant des enfants naissaient car l’absence de contraception ne permettait pas de contrôler le moment où l’on ferait des enfants. Mais ces enfants étaient indispensables à la survie de la famille puisqu’ils étaient avant tout une main d’oeuvre pour travailler dans les champs, s’occuper de leurs parents vieillissants… Désormais, en France en tout cas, on ne fait plus du tout des enfants dans la même optique et l’on a la chance de pouvoir choisir quand faire un enfant et surtout si on veut en faire un !

Mais aujourd’hui toutes les raisons que l’on pourra arguer au choix volontaire de faire un enfant paraîtront soit égoïstes (on s’aimait tellement tellement qu’on voulait un prolongement de nous-mêmes, ne pas vieillir seuls, s’accomplir dans la parentalité, donner un sens à sa vie…), soit traditionalistes (reproduction d’un schéma familial, faire comme tout le monde…, bref de manière consciente ou inconsciente rentrer dans le moule). Et les catastrophes annoncées plus haut peuvent paraître encore lointaines et abstraites pour certains, face au bonheur tangible que peut représenter la création de sa propre famille !

Paradoxalement, selon moi, bien souvent ce sont les personnes qui décident de ne pas avoir d’enfants qui feraient sans doute les meilleurs parents (puisque leurs raisons sont des raisons extrêmement morales ou du moins extrêmement raisonnables, dans la plupart des cas).

Pour ma part le fait d’avoir un enfant m’a amené à considérer pas mal de choses sous un regard pas forcément neuf (puisque mes valeurs n’ont pas changé), mais plutôt avec une autre acuité, et moins de cynisme. Là où auparavant j’étais dans une résignation passive cela a réveillé en moi la nécessité d’agir, de m’engager durablement pour contribuer à rendre le monde dans lequel ma fille évolue un peu moins pourri, ça fait donc au moins une conséquence positive. J’espère aussi parvenir  à transmettre à ma fille un certain nombre de valeurs, qui lui permettront à elle aussi, d’oeuvrer pour un projet de société plus égalitaire et plus solidaire à l’échelle de la planète !

Et malgré ce « tout est pourri », je vois tous les jours des raisons de vivre, et d’espérer quand même. Si on poussait la réflexion vers l’extrême on pourrait argumenter que les personnes ne désirant pas faire d’enfants pour les raisons morales énoncées plus haut devraient sans doute, suivant ce raisonnement, se suicider pour ces mêmes raisons. Si elles ne le font pas, c’est qu’elles ont donc un certain plaisir à vivre et donc qu’il pourrait en être de même pour leurs enfants. Même s’il n’y aucune garantie, mais ça c’est le principe même de la vie, et une partie de sa beauté aussi. Mais c’est extrême, j’en conviens, c’était juste pour pousser la réflexion dans ses retranchements !

Finalement le choix d’avoir des enfants pourrait être envisagé comme un formidable acte de foi, résolument optimiste, voir même un acte de résistance, délicieusement rebelle : « il n’y avait aucune raison de le faire alors on l’a fait » ! C’est l’instinct de vie qui l’emporte sur une vision morbide et pessimiste.

De plus, au niveau politique une société vieillissante est une société généralement plus conservatrice, qui va lutter pour ses acquis, sans forcément vouloir les partager avec autrui, alors est-ce que contribuer au rajeunissement de la société ce n’est pas contribuer à un monde meilleur ? Bien évidemment on ne fait pas d’enfant pour cette raison, ce serait assez moche (et lourd à porter pour l’enfant). Finalement les raisons non-égoïstes de faire des enfants n’étant pas terribles du point de vue du bien-être de l’enfant lui-même, il faudrait peut-être accepter que faire des enfants comporte forcément un aspect égoïste.

Finalement je crois que tout comme les personnes qui ne veulent pas d’enfants n’ont pas à se justifier, il en va de même pour ceux qui en veulent ! Et on est libre de ne pas avoir à rationaliser son choix dans l’un ou l’autre des cas, le principal c’est bien d’être conscients de la chance de pouvoir avoir le choix !

Et vous, avez-vous déjà réfléchi à la question ?

Rendez-vous sur Hellocoton !

DIY pour bébé : le cube d’éveil

Voilà j’avais promis de revenir avec du DIY c’est chose faite ! Et en plus c’est du DIY rapide adapté aux mamans qui manquent de temps !

Pour réaliser ce cube je me suis aidé d’un tutoriel du Vide atelier des créatives très bien fait qui explique bien le montage du cube (qui n’a finalement rien de très sorcier mais je m’en faisais une montagne).

Le montage selon le tuto du Vide atelier des créatives, il suffit de suivre l’ordre alphabétique

J’ai donc choisi 6 jolis tissus aux motifs et aux textures différentes, dont un en polaire et un autre en tissu éponge et en à peine 20 minutes j’avais mon cube !

DSCN5035

DSCN5038

J’ai choisi de faire un grand cube, il fait donc 20x20cm. Par contre je ne suis pas très satisfaite de la ouate utilisée pour le rembourrage car elle est plus rigide que ce que j’utilise habituellement et déforme un peu le cube.

Enfin après avoir fait peur à Enora en faisant rouler le cube devant elle pour la première fois, il semblerait qu’elle l’ait maintenant adopté !

diy_cube_éveil

Rendez-vous sur Hellocoton !

Etre parent de jeune enfant – Conférence Jean Epstein

Vendredi soir, j’ai eu la chance d’assister en compagnie d’autres amies mamans à une conférence du psychosociologue Jean Epstein. Et nous n’avons pas regretté le déplacement, ce monsieur d’un certain âge nous a captivées pendant plus de 2h, tout en laissant une grande place à l’humour et en émaillant ses préconisations d’anecdotes savoureuses. Je vais tenter de vous faire un compte-rendu car le propos était réellement passionnant !
Le thème de la conférence était « Etre parent de jeune enfant en 2015 ».
Car selon Jean Epstein la société évolue mais les représentations évoluent beaucoup moins vite, d’où cette culpabilité grandissante que l’on peut rencontrer chez les parents. La famille « bouge » et pour lui elle bouge globalement dans le bon sens, sauf concernant 2 points :

  • L’isolement des parents : isolement géographique dans de lieux où les familles sont éloignées, où l’on ne connait pas ses voisins mais aussi isolement par rapport à la non-conformité au modèle.
  • La place de l’enfant, devenu tout : phénomène de l’enfant-roi dont l’explosion correspond à la culpabilité des mamans qui travaillent.

Pour introduire son propos il a commencé par définir ce qu’était être parent aujourd’hui : c’est faire autorité. Mais faire autorité n’est pas avoir de l’autorité, c’est simplement aider l’enfant à construire ses repères. Mais quels sont ces repères ?

  1. Les repères individuels : l’enfant, ses compétences, le respect de son rythme personnel avant d’atteindre les rythmes sociaux
  2. Les repères sociaux : où il apprend la frustration, qu’il n’y a pas que lui et qu’il doit attendre, ce qui est très important pour lui donner la notion de projet et de plaisir différé (et éviter adulte des comportements tel le surendettement).
  3. Les repères familiaux : l’importance d’une identification positive aux parents (il ne devrait jamais entendre du mal de ses parents, puisque ses parents c’est lui, donc la critique l’atteint) et le fait que l’enfant doit rester à sa place d’enfant. A ce propos il conte l’anecdote d’une maman qui avait fait participer son fils de 3 ans et demi à toutes les étapes de sa nouvelles grossesse (jusqu’à lui demander de choisir le prénom de sa sœur). Quand Jean Epstein le questionne sur cette petite sœur à venir, l’enfant lui a le plus naturellement du monde répondu que ce n’était pas une sœur mais une fée, même qu’elle s’appelait Tus ! (=fœtus, il avait composé la réalité avec ce qu’il avait entendu des propos du médecin).

Le tout petit ne se pose qu’une question : suis-je aimé tel que je suis ? C’est d’ailleurs à peu près la même chose pour l’ado qui est à la fois un bébé et un adulte, à ceci près qu’il se demande aussi s’il est tombé sur les parents les plus nuls !
Il nous apprend que les injonctions du type « tout se joue avant 3 ans », « tout se joue avant 6 ans » l’énervent beaucoup et rappelle que Françoise Dolto avait pour coutume de dire « Tout se joue avant la mort… ou presque ». D’ailleurs il nous apprend que l’acquisition de la marche se fait entre 10 et 21 mois, celle de la propreté entre 2 et 6 ans, et celle de la lecture entre 4 et 9 ans ! Mais ces rythmes naturels sont largement niés. Il est largement d’accord pour dire que la petite enfance est une période importante qui va avoir une influence sur la suite, mais qu’heureusement il y a des sessions de « rattrapage ».
Puis il nous révèle que le tout petit est constitué de 3 boules :

  • Une boule d’amour : le tout petit se demande s’il est aimé tel qu’il est. C’est pourquoi il est aussi important de lui apprendre l’échec, que perdre ce n’est pas grave.
  • Une boule de peurs : c’est pourquoi il est important de laisser le petit prendre des « risques » maîtrisés et adaptés à son âge pour éviter plus tard de l’agressivité et une tendance aux jeux dangereux chez les adolescents (jeu du foulard, de la cannette…).
  • Une boule de culpabilités : l’enfant se plaçant au centre, il croit qu’il est responsable de tout ce qui arrive, c’est pourquoi il y a des choses à ne pas dire devant lui. A ce propos il rapporte la tragédie d’une maman qui avait cru bon d’expliquer à son enfant de 5 ans que son papa s’était suicidé. Selon lui, cette maman avait eu raison de parler de la mort du papa et de son deuil, mais en rentrant trop dans les détails l’enfant s’était cru responsable de ce suicide (dispute la veille). Elle aurait dû «dire» mais rester floue quant aux circonstances afin que l’enfant sache qu’il pourrait poser des questions quand il serait à même d’entendre les réponses.

Il rappelle que le huit clos familial est pathogène, qu’il est donc important de parfois laisser l’enfant pour un week-end, d’autant que les enfants acceptent mieux les limites quand elles viennent de l’extérieur (vous ne perdrez donc pas vos amis car votre petit aura été un ange chez eux). Il est aussi très important de faire comprendre très tôt à l’enfant qu’il est chez ses parents et que si par exemple vous aimez que votre salon soit toujours rangé, il a dans ce cas sa chambre, son espace pour mettre le bazar s’il le souhaite. Tout comme il est important de laisser son enfant s’ennuyer et s’en sortir par lui-même, cela éviterait les comportements de violence que l’on peut retrouver chez les ados qui « cassent parce qu’ils ne savent pas quoi faire ».
Il rappelle l’importance de savoir sanctionner. Mais pour lui sanctionner ne veut pas dire punir. Une sanction cadre alors qu’une punition enlève, elle a donc un impact négatif. Mais que sanctionner ? Selon Jean Epstein il faut sanctionner ce qui nous dérange, cela signifie que c’est variable d’une personne à l’autre. Et il est important de sanctionner à la première personne : « Je ne suis pas d’accord, je ne veux pas que tu fasses ceci ou cela parce que j’ai peur que tu tombes » et non « tu vas tomber », qui ressemble tellement à un ordre que l’enfant va s’y conformer. Il nous apprend qu’il y a plusieurs critères d’efficacités d’une sanction :

  1. L’immédiateté de la sanction
  2. La sanction doit être véhiculée par la personne qui constate la bêtise
  3. La sanction doit être expliquée mais pas négociée
  4. La sanction doit être proportionnée
  5. La sanction doit être, au moins en apparence, partagée par les 2 parents (la cohérence)
  6. La sanction ne doit pas être humiliante
  7. La sanction doit être irréversible, sauf si on s’est trompé car elle ne doit surtout pas être injuste (importance de reconnaître que l’on a pu se tromper)

L’enfant constitue en permanence son code pénal personnel, qui tient en 2 pages :

  • Si la bêtise qu’il teste n’est pas sanctionnée il l’inscrit sur la page de gauche dans la liste des bêtises à refaire (puisque pas « chères »)
  • Si la bêtise est sanctionnée il l’inscrit sur la page de droite, dans la rubrique des choses à ne pas refaire

Il nous révèle aussi qu’il est important de laisser les enfants régler leurs conflits eux-mêmes dans une certaine mesure, tout en restant attentif pour éviter un éventuel phénomène de souffre-douleur.
Finalement il conclut en nous disant que nous sommes les meilleurs parents pour notre enfant puisqu’il n’en a pas d’autres !

Merci Mr Epstein !

Rendez-vous sur Hellocoton !