La simplicité volontaire et moi

Je ne suis pas très présente en ce moment sur le blog mais ce n’est un secret pour personne que devenir parents fait (un peu) revoir ses priorités ! Je suis également en train de réfléchir à la façon dont nous vivons. Tout est parti d’une prise de conscience très simple : depuis qu’Enora est parmi nous je me contente d’activités des plus basiques : rentrer à la maison après le boulot pour lui chanter ses comptines préférées, la laisser jouer avec mon visage, mes cheveux (aïe !) me suffit amplement. Et pourtant la maison est pleine d’activités potentielles qui remplissent physiquement l’espace, de sollicitations qui m’encombrent l’esprit et m’empêchent parfois d’être tout à elle, alors j’ai décidé de désencombrer ma vie!

Je suis très attirée par un mouvement pas nouveau du tout prônant la simplicité volontaire (aussi énoncée par Pierre Rabhi comme la sobriété heureuse) qui consiste à moins consommer ou consommer mieux en gardant à l’esprit cet adage plein de sens énoncé par Gandhi : « Vivre le plus simplement pour que d’autres puissent tout simplement vivre ». C’est une recherche de simplicité et de naturel.
A la base nous ne sommes pas de gros consommateurs, quand nous avons besoin de quelque chose nous privilégions déjà le seconde main et le fait maison. Oui mais la maison est pourtant envahie d’objets dont nous ne nous servons pas, nous avons donc fait un grand tri parmi les doublons, les usés, les offerts mais non usités, les abîmés…. Là où il y avait le plus de boulot: le séjour et notre chambre.

Au salon nous gardions plein de dvds que nous ne regardons plus (voir une fois un film me suffit), des livres et des magazines… zou tout ça est parti pour un vide-grenier.

Quand à la chambre le problème c’était principalement le dressing et pour être honnête le mien. Alors que je gagne bien ma vie j’ai encore des réflexes d’étudiante : si je vois un tee-shirt à 5€ je l’achète « parce qu’un tee-shirt ça sert toujours ». Oui mais au bout de deux lavages le tee-shirt bouloche, n’a plus de tenue et je ne le porte plus parce que « ça ne fait pas sérieux pour aller au boulot ». Bref j’ai éliminé environ 50% de ma penderie !

Maintenant avant de faire rentrer quelque chose dans la maison je me poserai ces questions :

  • En ai-je vraiment besoin ?

  • En ai-je besoin tout de suite ?

  • Puis-je le fabriquer moi-même ?

  • Est-ce que quelqu’un pourrait me le prêter ?

Dans le même ordre idée j’ai jeté un oeil à la salle de bains, au nombre de produits d’hygiène dont nous nous servons et à leur composition, constat: c’est pas la joie ! Donc résolution de l’année: je me lance dans la fabrication de mes cosmétiques et surtout je les limite ! Je pense qu’on en reparlera très vite ici !

Par contre désencombrer son esprit de toutes les sollicitations possibles c’est une autre paire de manches. Aujourd’hui avec le net, le flux d’informations est continu. Pour éviter de passer des heures à rebondir d’une info à l’autre j’utilise un certain nombre d’outils, comme netvibes (agrégateur de flux). Par contre je n’avais pas fait le « ménage » depuis plusieurs années, je croulais donc sous l’information, j’ai donc revu les contenus que je souhaitais suivre et réorganisé tout ça et je m’y connecte une fois par jour en semaine et c’est tout !

organisation_flux(capture d’écran de mon netvibes)

Là où je dois encore travailler sur moi-même c’est sur ma consommation culturelle. Travailler dans le secteur culturel m’expose à l’envie permanente de suivre la dernière série, lire le bouquin d’untel, voir la dernière expo… Et il faut bien le dire me tenir au courant de toutes ces sorties et le tri que cela implique m’épuise (40 000 nouveautés sont éditées chaque année en France) et m’oblige à « zapper » d’une tâche à l’autre en permanence (et malgré ce que pensent les encenseurs de la génération Y pour moi le zapping permanent n’est pas une qualité à ériger en modèle). Sur ce point précis je n’ai pas encore de solution, il faut simplement que j’accepte de ne pas pouvoir TOUT suivre, de ne pas pouvoir maîtriser en tous points un sujet. En tout cas si vous avez des astuces pour lâcher prise face à cette surabondance d’informations, je suis preneuse !

Bref voilà de l’article fleuve mais ces réflexions expliquent ma présence plus sporadique par ici. Ce blog doit rester un plaisir et m’imposer un rythme de publications parce que c’est comme ça qu’internet fonctionne n’est pas une solution pour moi, et s’il ne doit y avoir qu’un article tous les 15 jours, parce que je n’ai tout simplement rien à dire, rien à présenter, ce sera le cas et puis c’est tout !

Ressources:

  • un article très complet du réseau québecois pour la simplicité volontaire
  • une astuce toute simple pour parvenir à désencombrer sa garde-robe
  • le blog d’Antigone XXI qui prône l’abondance frugale
  • un article (québecois encore) en 3 parties sur la surabondance d’informations
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18 thoughts on “La simplicité volontaire et moi

  1. Voilà un article dans lequel je me retrouve pleinement ! 😉
    J' »offre » volontairement autour un long texte que j’avais lu sur le RQSV et qui n’est plus en ligne – hélas -, mais qui m’avait grandement inspiré il y a pas mal d’années déjà.
    J’avais écrit à l’époque un article sur le site de « Compact France », un mouvement né à San Francisco autour de la décroissance/de la simplicité volontaire.
    Le plus difficile, tu as raison, est peut-être de décrocher de la consommation culturelle, encore que travaillant désormais en BU, hyper spécialisée de surcroît, je suis moins tentée de « consommer » de la culture parce que je ne l’ai plus immédiatement sous la main.
    Commencer par lire ce qu’il y a déjà à la maison m’a déjà paru une bonne idée.
    Pour Internet, il est vrai que décrocher serait une bonne idée ou, au moins, en limiter son usage. Il y a tant de pages intéressantes à lire que l’on peut y passer de longues heures. Reste que l’activité est souvent solitaire et que l’Autre est toujours plus passionnant qu’un écran d’ordinateur.
    Et si je peux me permettre de te suggérer une lecture qui offre une dimension plus politique à ta réflexion et qui intéressera peut-être aussi M. Poulet :
    https://editionutopia.wordpress.com/2013/01/27/a-paraitre-un-projet-de-decroissance-manifeste-pour-une-dotation-inconditionnelle-dautonomie-dia/
    Au plaisir de lire ton cheminement.
    Amicalement,
    Nathalie

    1. Whaouh merci Nathalie pour toutes ces pistes de réflexions, tu en es bien plus loin que moi ! Ce projet est presque un combat solitaire car Mr Poulet, malgré effectivement son militantisme gauchiste, a beaucoup plus de mal que moi à se séparer des biens matériels car selon lui tout peut servir un jour et éviter justement d’avoir à consommer si un besoin naît. Les deux logiques se valent mais ça ne m’aide pas ! 😉

      1. Prends ton temps, Karine, je suis sûre que tu vas y arriver. Et qui sait, M. Poulet aura-t-il envie de te suivre 😉
        Je m’amusais, du temps de Marguerite – même si nous y avons pas été contemporains, lui et moi… mais j’y avais mes entrées ! – à constater qu’il engrangeait, tel l’ancien conservateur, des trucs « qui peuvent servir » !
        Plus généralement, je me suis souvent demandé si tous ceux qui gardent tout un tas de choses pour le jour où… se souviennent le moment venu qu’ils les ont ?

        Se désencombrer rend le quotidien tellement plus facile… 🙂

        1. Ah oui, concernant l’accumulation, la comparaison avec le père C. était tout à fait d’actualité. Encore que je ne le faisais pas pour ma pomme, contrairement à l’autre ! Je maintiens cependant que stocker sur le long terme permet d’éviter de consommer à moyen et court terme. Tout étant affaire de mesure, il faut cependant savoir jusqu’où aller. En tant que gros bricoleur, sans le « stock » d’avance en bois, en ferraille ou en outils je ne pourrais pas faire grand chose et serais obligé d’aller courrir chez Leroy Merluche et faire chauffer ma carte bleue. Voilà voilà, cependant : je consomme peu et de préférence de seconde main (sauf pour le vin 😉 !

  2. PS1 : le déo d’AntigoneXXI est super. Je l’ai préparé récemment et adopté ; je confectionne également ce liniment : http://potsetflacons.canalblog.com/archives/2010/02/20/16983642.html ; enfin, ce moteur de recherche te permet d’éplucher la composition de tes cosmétiques : http://www.laveritesurlescosmetiques.com/incisucheohnename.php?nr=
    L’examen attentif de mes produits – même bio – l’été dernier m’a convaincue de tenter de m’en passer pour adopter le fait maison. Je n’y suis pas à 100 % mais j’y travaille 😉

    PS2 : j’ai retrouvé le texte dont je parle plus haut, sur un autre site que celui du RQSV :
    http://www.onpeutlefaire.com/articles/a-le-desencombrement.php
    Bonne lecture !

  3. Bonjour, je suis votre blog depuis un bon moment déjà (je le connaissais bien avant que vous changiez de plateforme 😉 ) et j’apprécie vos articles. Cet article en particulier me parle car je suis en train de prendre conscience que nous consommons beaucoup trop de choses et j’essaye également de faire le tri chez moi et de me séparer du « surplus ».
    Et vous avez bien raison, rien ne sert de s’imposer un rythme de publication, sinon vous allez perdre l’envie d’écrire de jolis articles comme vous nous avez habitué depuis le début !

    A bientôt !

    1. Merci Julie de sortir de « l’anonymat » et de prendre le temps de m’encourager dans ce projet ! Je crois que c’est une préoccupation qu’on rencontre chez beaucoup de personnes aujourd’hui et qui en dit long sur notre modèle de société et ses limites ! Bon courage à vous dans votre démarche et à très vite !

    1. Le wearability project est super intéressant et tout à fait dans mes préoccupations du moment même si je veux agir d’un point de vue plus général! En tout cas si tu y arrives t’es fortiche !

  4. Voilà une très belle façon de vivre 🙂 Déjà une première étape très importante, tu as réussi à désemcombrer. Pour moi aussi, le plus difficile serait les biens culturels. D’autres thématiques me sont plus faciles. Je connaissais l’astuce des cintres (pour l’avoir utilisée) et du coup, j’ai surfé un peu sur les liens que tu as donnés (et cela m’a fait rebondir sur d’autres…). Je suis aussi le blog d’Ophélie ainsi que celui d’Eléonore dont on t’a donné le lien en commentaire. Je t’envoie un peu de ma motivation pour poursuivre ton process 🙂

    1. Merci pour les encouragements ! Ce n’est pas une mince affaire tout ça, le plus dur c’est encore lorsque je parle de cette démarche à mon entourage : mes collègues sont à 2 doigts de me prendre pour une hippie qui rêve de vivre en communauté et de dormir dans une grange avec les brebis ! Difficile aujourd’hui d’aller à contre-courant de la société de consommation !

      1. Oh j’imagine bien 🙂 Certains de mon entourage ne comprend pas pourquoi j’ai peu de produits de beauté (ni les intérêts derrière cette idée). Et je suis dans une phase de test « no poo » : les gens ne veulent pas entendre que non, je n’utilise pas de shampooing mais que oui, je me lave quand même les cheveux. Alors vouloir simplifier sa vie, j’imagine que tu passes pour une extraterrestre.

        1. Trop bien le no poo, Mr Poulet s’y est converti il y a quelques mois (il tient 3 semaines!), moi j’ai essayé plusieurs fois mais craqué devant le résultat: je n’arrivais pas à aller au boulot avec les cheveux visiblement sales! Comment s’est passé ta phase de transition pour parvenir au no poo?

          1. Je suis encore en transition, un shampooing tous les 5 jours (j’alterne entre la poudre de Shikakai et la pâte bicarbonate de sodium + vinaigre de cidre)

          2. Tous les 5 jours c’est pas mal, moi j’en suis encore à 2 shampoings/semaine mais je ne désespère pas de réduire encore ! Je viens de connaître la poudre de shikakai, je m’en suis fait un shampoing solide, je teste et j’en parlerai sans doute sur le blog !

  5. Cela fait plusieurs fois que j’entends parler des agrégateurs de flux et du coup je me demande si cela me serait utile. Mais en fait j’ai l’impression que je trouverais trop « agressif » de recevoir autant d’informations d’un coup.
    Actuellement je parcours mes favoris en fonction de mon temps et de mes envies. Je peux rater une nouvelle publication et n’en prendre connaissance qu’avec un temps (parfois long) de retard, lorsque je visite le site. Ça ne me manque pas car je ne sais pas ce que je rate. Mais si j’avais une application qui m’indiquait d’un seul coup tout ce que j’ai à lire, je crois que j’aurais du mal à me retenir d’aller au moins jeter un coup d’œil. Cela reviendrait un peu à subir les infos au lieu de décider du moment où j’en prends connaissance.

    Toi qui es utilisatrice d’un tel service, qu’en penses-tu?

    1. Personnellement je ne peux pas me passer de Netvibes (qui est un vieil outil) mais ça tient à ma pratique professionnelle, c’est aussi mon outil de veille pour le boulot. Je l’ai partagé en plusieurs onglets, et je n’ouvre que celui qui m’intéresse, par exemple le « numérique » avant une réu sur ce sujet avec mon service, ainsi les infos des autres domaines ne me « sautent » pas dessus et surtout je libère mon esprit de tous ces noms de sites (18 par ex pour le numérique) que je n’ai pas besoin de retenir. En plus je ne lis pas tous les articles: je lis tous les titres et je n’ouvre que les articles qui m’intéressent vraiment, du coup ça va quand même relativement vite. C’est la première chose que je fais quand j’arrive au boulot. Après pour éviter l’afflux d’informations il faut vraiment le nettoyer régulièrement. Bref un indispensable pour moi !

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